Chien d'eau, 2025
Huile sur toile de Velazquez
150 x 150 cm (59 x 59 in)
« Ouverture Ruy López » Il s'agit de la première exposition d'Eduardo Ponjuán à Madrid. Le dialogue avec le contexte culturel européen et espagnol est inévitable dans cette passerelle qui fait référence à Goya, Picasso, Fra Angelico, Caspar Friedrich, Velázquez, Van Gogh… qui croyaient au plaisir esthétique des échecs en raison de leur capacité à allier rigueur intellectuelle, hasard et jeu. Selon ses propres termes, la pureté des échecs ne se limite pas à leur impossibilité de commercialisation, elle s’étend au déplacement des pièces sur l’échiquier en tant qu’expression de la pensée. La pensée, qui chez Ponjuán se projette toujours comme esthétique, s’appuyant sur la conscience de sa liberté négative (Isaiah Berlin) face à un monde de plus en plus voué aux dystopies.
Fidèle à lui-même, Ponjuán revient à sa réflexion sur la représentation, avec scepticisme. Une analyse de l’art marquée par l’hétérodoxie visuelle et une projection indifférenciée vers le dessin, la peinture, l’objet ou l’installation. Son approche s'inscrit dans une pensée post-conceptuelle, axée sur la rationalisation du processus créatif, désormais en fonction d'un rapport cynique au nouveau “ paradigme de la réalité ” qui favorise la numérisation, la virtualisation et l'esthétisation du réel. Un simulacre qui repose sur la supériorité du faux.
Sandra Sosa
